Je me permets d’écrire un petit éditorial suite à un commentaire de la part de Vincent Nadeau au sujet de l’article “En l’honneur des fins de sessions en architecture…”:
“Je sais que ceci peut être perçu d’une façon carricaturale et humoristique, mais j’affirme que ce clip passe un message péjoratif et ne fait que transcender l’état de fausse urgence et de performance démesurée de notre société. Disons que ma vision du monde architectural auquel j’aspire m’inquiète.”
Ceci fait vibrer une corde sensible chez moi puisque j’ai personnellement vécu cet “état de fausse urgence et de performance démesurée de notre société”. Il y a de cela 2 ans, j’ai été en arrêt de travail obligatoire pendant une période de 6 semaines pour épuisement professionnel. Aujourd’hui, je peux vous affirmer que c’est (malheureusement) la meilleure chose qui a pu m’arriver car je crois que je me dirigeais vers une crise cardiaque à 35 ans. Était-je une victime de la profession, des pressions exercées par la société, par mon ambition personnelle? Durant la première semaine de “repos”, mon réflexe immédiat a été de blâmer le bureau pour m’avoir mis trop de pression sur les épaules: à la sixième semaine, je me suis plutôt rendu compte de l’inverse, que c’était en grande partie ma responsabilité de ne pas avoir su dire “non” à certaines choses et surtout de ne pas avoir demandé de l’aide à mes collègues et patrons. Ce n’est évidemment pas une chose facile à faire lors de nos premières années en agence mais tout est une question de choix, d’accepter ou non ses conditions de travail et de prendre les moyens pour y remédier. On peut blâmer la profession, les clients exigeants, les délais insensés, les projets fast-track, etc, mais tout revient à une question de choix personnels.
Lorsque l’on sort de l’école, que ce soit en architecture ou autre, il y a évidemment le désir de se prouver à soi-même et aux autres. Ce qu’il y a de particulier en architecture, je crois, c’est l’étendue des connaissances à acquérir. Avec maintenant 6 années “derrière la cravate” je commence à me sentir confortable dans les situations de rencontre avec le client, coordination avec les ingénieurs, gestion des dessins, élaboration de détails techniques et surtout, gestion et négociation de chantier. Mais il y a tellement autre chose à apprendre (et à approfondir) et c’est ce qui rend la profession si intéressante! Le truc, selon moi, c’est de doser les choses et surtout, se donner une chance d’apprendre et de faire des erreurs, même en chantier: c’est alors que l’expérience rentre, littéralement!
Alors, l’architecture et le stress, mythe ou réalité: si l’on considère cela comme un mythe, on risque d’être mal préparé mais si on accepte le stress comme une réalité alors cela pourrait se résumer à une question de choix.
Et vous, qu’en pensez-vous?
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